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L’art de thé du Vietnam

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L’art du thé est difficile, depuis le choix du thé lui-même, sa préparation, l’action de faire bouillir l’eau, de faire l’infusion, de la répartir dans les tasses qui laisse s’échapper tout l’arôme, jusqu’à l’instant où l’on s’asseoit et savoure sa quintessence en gestes mesurés, de tous ses sens et de tout son âme.

Depuis des temps reculés, les Vietnamiens savent parfumer le thé avec de nombreuses espèces de fleurs: lotus, jasmin, chlorantus, chrysanthème,….mariant parfum du thé et senteurs florales pour profiter ainsi de toutes les fragrances du ciel et de la terre. Chaque fleur offre au thé son arôme particulier mais la plus originale est le lotus. Sur l’étang aux lotus, le soir, en petite barque, on s’approche des fleurs et on introduit à l’intérieur de chacune d’elles un petit sachet de thé qui s’imprègne de toutes les effluves et forces vitales de la fleur.
Puis, le lendemain, aux premières heures, le maître de maison n’a plus qu’à refaire sa tournée en petite barque pour faire sa cueuillette. Pour agir sur une plus grande échelle, on ceuille les anthères blanches au sommet des étamines, le gạo sen (riz de lotus), qu’on mélange avec le thé. On place le tout dans une enceinte hermétique pendant un ou deux jours, jusqu’au flétrissement du riz de lotus et on parfait le séchage du thé sur un feu très doux. Un seul kilogramme de thé nécessite une centaine de fleurs, et un travail minutieux de plusieurs jours, ce qui explique son prix et sa valeur: ce produit de luxe n’est employé qu’à de grandes occasions pour marquer l’honneur que font les maîtres du lieu à leurs hôtes.

L’eau pour la préparation du thé doit être une eau naturelle et pure. La meilleure est la rosée qui se dépose la nuit sur les feuilles de lotus; de bon matin, on va en barque la receuillir goutte par goutte sur chacune des feuilles et la conserver dans un vase. Plus ordinaire, c’est l’eau de pluie qui vient des feuilles d’aréquier, ces grandes palmes qui recueillent l’eau du ciel. Ces sortes d’eaux naturelles, sont seulement pures, mais semblent encore plus douces, plus parfumées, puisqu’elles sont plus chargées du souffle originel de la terre et du ciel Yin-Yang.
La bonne eau est là, jsute comme elle doit être, mais ce n’est pas tout. Savoir la faire chauffer est tout aussi important. Pour éviter toute saveur parasite, le mieux est d’employer une bouilloire en terre cuite sur un feu de charbon de bois. Elle doit frémir à peine: si elle n’a pas atteint l’ébullition, le thé n’infusera pas suffisamment, mais si elle bout trop, le thé sera surchaufé et trop fort. Le service à thédoit être propre ais la théière doit être culottée pour donner un meilleur goût. Et il faut tout d’abord réchauffer la théière à l’eau bouillante avant d’y introduire en douceur une pincée de thé, juste suffisante pour la taille de l’objet et y verser de l’eau, toujours en deux fois: la première fois en quantité juse suffisante pour imbiber les brins de thé et la deuxième fois seulement en fonction de ce qu’on veut boire.

Verser le thé infusé dans les tasses rincées à l’eau bouillante n’est pas moins compliqué. Il ne faut pas se servir le premier, ce ne serait pas convenable, mais on sert l’invité d’abord, on risque de passer pour celui qui se garde de la meilleure part, car “ rượu trên be, chè dưới ấm” (l’alcool en haut du carafon, et le thé au fond de la théière) car c’est au fond de la théière que le thé est le meilleur, le plus infusé. C’est pourquoi, les connaisseurs servent toujours les tasses en deux tours, le premier dans un sens et le deuxième dans l’autre. Ainsi, toutes les tasses reçoivent du thé de même qualité. Quand on verse, il ne faut pas lever la théière trop haut, car il est inconvient de faire du bruit avec le jet! Il faut essayer de le faire couler doucement le long de la paroi dela tasse et le répandre dans le fond en un miroir jaune d’or exhalant ses effluves qui flattent aussi la vue, l’odorat que le goût. Gai ou triste, pressé ou non, personne ne peut proposer un refus à une bonne tasse de thé chaud et parfumé, présentée des deux mains avec empressement de la part du maître de la maison!

Choisir le thé, le préparer, l’offir sont déjà des comportements culturels qui témoignent de la délicatesse et de l’urbanité. Le boire en est un également. Tenant la tasse de thé à deux mains, doucement, l’esthète hume légèrement en absorbant de toutes petites gorgées pour ressentir tout la quintessences du breuvage. L’astringence ressentie au bout de la langue au début de la gorgée s’adoucit vers le fond de la gorge avant d’imprégner tous les organes internes. Le Vietnamien boit du thé avec ses cinq sens, voire avec toute son âme.
Offir du thé ne sert pas simplement à étancher la soif mais c’est pour faire montre de manières nobles et cultivées, témoigner d’une amitié profonde, manisfester un esprit de concorde et d’entente avec son hôte. On échange des confidences, on parle d’une affaire de famille ou on parle affaires, on discourt sur le monde. Tous les farfums du ciel et de la terre, des êtres et des choses se trouvent dans une tasse de thé.